06 avril 2007

Politique

Aux indécis de gauche, lisez ceci.... pendant qu'il en est encore temps...

Quelchoix

J'ai trouvé cet article sur le site d'Agoravox, et j'approuve largement le contenu !
Voilà un peu résumé les raisons de mon positionnement "Ni Ségo- Ni Sarko"

Bonne lecture et bonne reflexion...

Socialistes de gauche, votons Bayrou !

L’élection de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal à la présidence de la République présente un égal danger pour la France d’en bas et pour les socialistes de gauche, qui - pour être une minorité - ne manifestent pas moins leur mauvaise humeur se tenant à l’écart de la campagne de la candidate socialiste.

Il n’est pas nécessaire de s’étendre longuement sur le danger que représente Nicolas Sarkozy. Les coups ne tarderaient pas contre ce qui reste de l’Etat-Providence, les protections et les assistances sociales de toutes sortes, la laïcité, les services publics, la fonction publique, ceux qui ne travaillent pas, parce qu’il ne trouvent pas de travail, les exclus de la République. Le communautarisme, la discrimination positive [sic], l’atlantisme, les multinationales, les grands groupes financiers et les Français les plus fortunés auraient de beaux jours devant eux. Les références éhontées à Blum et à Jaurès ne dupent personne. Le projet de Nicolas Sarkozy, c’est tout simplement de « tatchériser » la France. Et nous nous retrouverions sans coup férir en slip et en chaussettes.

Le danger que représenterait l’élection de Ségolène Royal est moins évident mais tout aussi réel, en tout cas pour les socialistes de gauche :

En premier lieu parce qu’elle s’appuie sur une organisation politique en pleine décomposition et en total décalage avec les électeurs qu’elle prétend défendre.

Rappelons tout d’abord qu’en 2002 les socialistes ont perdu les élections présidentielles, non pas à cause de la multiplicité des candidatures à gauche, mais parce que le programme non socialiste de Lionel Jospin n’a pas convaincu les électeurs de gauche. Si le programme de Lionel Jospin avait été de nature à fédérer les gauches, nous n’aurions pas connu le séisme du 21 avril 2002. Le plus navrant, c’est que la direction du PS a continué de faire porter aux autres candidats de gauche, à Jean-Pierre Chevènement en particulier, la responsabilité dudit séisme, au moins jusqu’à ce qu’elle récupère ce dernier en échange de quelques sièges supplémentaires aux prochaines élections législatives. Ce qui prouve que les dirigeants socialistes n’ont toujours rien compris ou rien voulu comprendre à la désormais fameuse « leçon de 2002 »

Le second coup de semonce ne s’est pas fait attendre très longtemps. Le matraquage (le mot est faible) de la direction du P.S. en faveur du « oui » à l’Europe libérale, a été sévèrement sanctionné par le « non » que les électeurs de gauche ont signifié le 29 mai 2005 à un texte illisible, perçu par eux comme le cheval de Troie du capitalisme mondialisé, par ce « non » à une Europe sans visage, construite pour les marchands, dans le dos des peuples, et sans perspective de politique sociale. Loin d’en tirer les conséquences, la direction du P.S. a choisi de tourner la page comme si de rien n’était, de simuler l’unité retrouvée, à l’instar du dernier Congrès, où la peur de la division et le souci de l’unité de façade l’ont emporté sur le besoin de clarification. Or à ce jour, les comptes ne sont toujours pas soldés.

C’est de cette soupe et dans cette soupe intellectuelle qu’advint Ségolène Royal.

A ce jour on distingue trois temps dans sa campagne. Premier temps : une campagne en solo, en contournant le parti qui venait de l’investir. Sans doute avait-elle davantage confiance en elle que dans le programme mou et peu mobilisateur du PS. Cette première période était celle du « n’importe quoi » : les jurys citoyens, l’encadrement militaire des primo-délinquants, le nucléaire civil iranien, la Turquie-à-vos-souhaits, la démagogie des débats participatifs etc. C’était en somme sa touche personnelle. Les éléphants sont mis à l’écart et ringardisés malgré leur expérience de l’Etat et, pour Laurent Fabius au moins, malgré ses toutes nouvelles idées de gauche, ils font, pense-t-elle sans doute, un effet repoussoir. Sur le plan politique et économique, cette première phase est nettement « blairiste ». Las ! Le modèle est en phase terminale. Quand on connaît le bilan de Tony Blair en matière d’endettement, de chômage, de services publics et d’inégalités, on frémit ! Devant le peu d’enthousiasme des sondés frémissants, elle réoriente sa campagne.

Deuxième moment : le discours de Villepinte (11 février 2007), aux accents très mitterrandiens. Catalogue fourre-tout. Elle promet tant de choses que le sondé frémissant de gauche est pris de vertige et de doute, après quelques jours d’euphorie. Il se souvient peut-être de la campagne de 1981, on lui promettait « la rupture avec le capitalisme » et il a eu la monarchie constitutionnelle... Le déçu du socialisme version 1981 retourne à ses hésitations. Nouveau « trou d’air »

Troisième moment : Ségolène Royal entrouvre la porte du placard à éléphants, qui n’ont en commun que leur haine de Ségolène. Oui, mais c’est le sauve-qui-peut ! Alors ils sont venus, ils sont tous là. Le social-démocrate, celui qui tenait un discours de gauche tout nouveau - tout beau, il y a même le général battu qui ne boude plus, au moins sur la photo ! Celle qui ne pardonne pas à Ségolène d’avoir émis des doutes à propos de ses 35 heures et d’autres encore, dont nous tairons le nom, mais que nous sommes heureux de savoir encore en vie. C’est le temps de la farce !

Que nous réserve Ségolène dans les quelques semaines qui nous séparent du premier tour ? Quel lapin peut-elle encore sortir de son chapeau ? Aucun. Elle a abattu toutes ses cartes en se plaçant dans l’ordre du marketing plutôt que dans celui du contenu politique, dans la logique du marché plutôt que dans celle de la résistance au libéralisme, dans la stratégie plutôt que dans l’idéologie. Quoiqu’elle fasse désormais, son problème, ce n’est pas son compagnon mais sa crédibilité.

Que faire face au naufrage intellectuel du PS et à l’échec de la gauche antilibérale ? Il nous reste la stratégie :

1/ S. Royal ne peut pas gagner contre N. Sarkozy au 2e tour. Il lui manquera trop de voix de gauche. Voter S. Royal au 1er tour, c’est offrir la victoire sur un plateau à N. Sarkozy au second !

2/ Faisons donc échec à S. Royal en votant F. Bayrou dès le 1er tour, car lui seul peut battre N. Sarkozy au second.

3/ Seul l’échec de S. Royal fera imploser le PS et contraindra les socialistes à choisir entre la gauche antilibérale et le social-libéralisme.

4/ Elire F. Bayrou, c’est faire pièce à la logique bipolaire de la Ve République qui pervertit le débat politique.

Il nous faut du temps pour reconstruire la gauche et clarifier le débat. Nous aurons cinq ans pour y parvenir. D’ici 2012, plutôt que de subir N. Sarkozy, donnons sa chance à F. Bayrou et à une grande coalition de salut public. Après tout, les Français, comme le rappelle François Darras (Marianne n° 515, du 3 au 9 mars 2007), ont beaucoup gagné à « une convergence des forces, venant d’horizons différents, autour d’un vrai projet : celui de 1944, qui permit (...) le redressement du pays ; celui de 1954, autour de Pierre Mendès France, grâce à quoi on put mettre fin à la guerre d’Indochine ; celui de 1960-1962, autour de De Gaulle (...) qui favorisa la conclusion de la paix en Algérie... »

Et puis, contrairement aux propos des adversaires de F. Bayrou, ce ne serait pas un retour à la IVe République : sous la Ve, nous disposons d’un exécutif fort qui faisait défaut à la IVe.

Donc, pas d’état d’âme : votons F. Bayrou dès le premier tour !

Yves Guyet (P.S. et P.R.S.)

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Bon j'insiste sur le fait que je ne suis pas pro Bayrou non plus, mais à l'heure ou les partis d'extrême gauche partent divisés et sont au paquerettes, cette position est avant tout pragmatique de ma part !

Posté par Jybreizh à 11:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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